L'escargot randonneur

 



 

Johnny Hallyday chantait « Souvenirs, souvenirs ». Chacune ou chacun de nous a des souvenirs. Les mauvais, on a essayé de les oublier. Par contre, les bons on prend plaisir à s’en rappeler. Vous avez sûrement des souvenirs que vous aimeriez partager. Je vais « amorcer la pompe » avec mes souvenirs, mais j’espère pour faire vivre cette nouvelle rubrique que vous accepterez de partager les vôtres avec nous. 

Pour cela, il vous suffit d’envoyer votre ou vos souvenirs à Marcelle à son adresse : marcellemartins56@gmail.com. 

Pas besoin de vous préoccuper pour la rédaction. Marcelle me transmettra vos idées. Je les mettrais en forme si vous estimez qu’il y en a besoin. Mais, rien ne vaut l’original plutôt qu’une copie..

Faites travailler votre mémoire à défaut de faire travailler vos jambes en ces périodes troubles et à bientôt vers le passé.

20201204

Annie R.

 


La poupée de porcelaine

Ma sœur aînée avait eu une magnifique poupée en porcelaine avec de magnifiques cheveux naturels. Elle appartenait à Madeleine dont je parlais dans mon souvenir précédent.

Un jour, mon frère et moi nous jouions avec son camion. Mais à un moment donné on s’est dit que ce serait quand même mieux si on avait quelque chose à mettre dans la benne du camion. Après plusieurs recherches, on a vu la poupée de ma sœur et on a trouvé que ses cheveux feraient un très bon chargement. Et nous voilà armés de ciseaux. On a fait une coupe à la poupée. Et non seulement on lui a massacré les cheveux mais en plus comme on maîtrisait mal les ciseaux, on lui a aussi ravagé le visage. Je vois encore le visage de maman quand elle a vu le désastre. Il y avait l’origine de la poupée mais aussi à l’époque faire réparer la poupée aurait coûté beaucoup trop cher. 

Quand on voit le prix de  cet objet de nos jours, je comprends notre bêtise à mon frère et à moi et la colère de maman.

20210222(20) 

Annie R

 

 


10 Juin 1944

Maman (née en 1922) avait deux sœurs -Andrée (1923) et Solange (1928) – et un frère René né en 1934 (le petit dernier). 

En 1944, maman attendait ma sœur aînée. Comme elle était dans les derniers moments de sa grossesse elle avait été chez mes grands-parents, aux Bordes, petit village à deux kilomètres d’Oradour sur Glane.

Chez eux, vivait aussi la nièce de ma grand-mère Madeleine née en 1936. Ses parents qui vivaient à Paris l’avaient envoyée en Limousin pour la protéger et pour qu’elle mange à sa faim.

Le 10 juin 1944, René et Madeleine, qui étaient en âge scolaire sont donc partis comme chaque matin à pieds pour rejoindre leur école à deux kilomètres. Ils ne sont jamais revenus. Ils ont péri dans le massacre.

Ma sœur Madeleine est née aux Bordes le lendemain. 

20210221 (19) 

Annie R

 


La pendule

Aujourd’hui, de plus en plus on voit des citadins qui intentent des procès parce que le coq chante, les vaches ont des cloches, l’église sonne….

Chez mes grands-parents maternels, il y avait une pendule murale au-dessus de la cheminée. Elle sonnait JOUR ET NUIT tous les quarts d’heure (une fois au quart, deux fois à la demi-heure, et trois fois aux trois quart d’heure) . A l’heure juste, elle sonnait autant de fois qu’il était l’heure et pour être sûr qu’on ait bien entendu, elle ressonnait trois minutes après !!!! 

Et pour tout arranger, mon grand-père habitait une maison qu’il partageait avec sa sœur, chacun occpant une aile de la maison avec seulement un couloir pour séparer. Elle, elle avait une horloge, type horloge comtoise. Son horloge sonnait elle aussi très (trop) fréquemment mais toujours avec une différence d’une minute ou deux par rapport à celle de mes grands-parents !!!!  Les premières nuits c’était un peu perturbant mais ensuite on s’y faisait.

20210220 (18) 

Annie R.